Victime de blessures à répétition depuis deux saisons, Christophe Kern aborde l'année 2005 avec l'envie de retrouver ses sensations.
Christophe, comment s'est passé ta préparation à la saison 2005 ?
C.K. : J'ai commencé à rouler assez tôt, début novembre. J'ai enchaîné pas mal de kilomètres à vélo, avec beaucoup de musculation afin d'être prêt dès les premières courses. Et puis j'ai dû faire un peu trop de bornes et je n'ai pas assez privilégié les jours de récupération, donc surentraînement. Du coup, ça a donné un peu l'effet inverse de ce que j'espérais. On est en train de rectifier le tir et je pense retrouver bientôt la bonne condition.
Tu abordes ta troisième saison chez les pros. Comment te sens-tu au sein du peloton ?
C.K. : Bien. J'ai toujours voulu être coureur professionnel, donc je suis forcément content d'y être arrivé. Maintenant, c'est comme si on repartait de zéro. Il y unros palier à franchir, et il faut constamment se remettre en question. Il faut beaucoup travailler, intégrer le vélo comme mode de vie. Il y a des choses à gérer, mais ça me plaît, d'autant plus qu'il y a une bonne ambiance dans l'équipe.
Comment juges-tu le potentiel de l'équipe Bouygues Telecom ?
C.K. : Le potentiel se renforce un peu chaque année. On a recruté Laurent Brochard, qui est une valeur sûre. Et puis il y a tous les jeunes qui ont la confiance de Jean-René. On a vu Thomas et Jérôme l'an dernier, ils franchissent les paliers crescendo. C'est vrai que le début de saison est un peu poussif, mais on met toujours deux ou trois mois à trouver la forme et à avoir nos premiers résultats. Ça va venir, mais c'est sûr qu'on a une bonne équipe.
Quelles sont les valeurs de cette équipe ?
C.K. : On est assez combatif. On fait avec nos moyens, et on arrive quand même à avoir de bons résultats. Parfois même au-dessus de ce qu'on espère, à l'image de Thomas l'an dernier sur le Tour de France. Personne ne le voyait à ce niveau-là. Jean-René fait confiance aux jeunes, c'est sa philosophie. C'est un peu l'esprit d'équipe : on va aux courses avec nos moyens et on essaie d'en tirer le maximum.
Est-ce que tu pourrais nous décrire ton manager, Jean-René Bernaudeau ?
C.K. : C'est quelqu'un qui a toujours tout donné au vélo. Il a fait une belle carrière de coureur, et puis il a créé quelque chose de bien avec le Vendée U. Il a la meilleure équipe amateur, et il a réussi à créer son équipe pro. Ça a pris du temps, mais maintenant c'est bien lancé. Au début il ne trouvait que des sponsors pour deux ans, et il mérite d'avoir trouvé un sponsor comme Bouygues Telecom. Il s'investit à fond. C'est quelqu'un d'entier qui fait confiance à ses coureurs. Il a une bonne philosophie et une bonne vision du vélo.
Est-ce qu'il t'a assigné un rôle particulier au sein de l'équipe ?
C.K. : Non. C'est ma troisième année, je mets un peu de temps à confirmer à cause de blessures récurrentes, donc il faut d'abord que je retrouve ma condition pour pouvoir parler de rôle. Mais j'espère bien lui rendre la monnaie de sa pièce. Il m'a toujours fait confiance depuis mon arrivée au Vendée U et j'espère ne pas le décevoir.
Quels sont tes objectifs pour 2005 ?
C.K. : Je me suis toujours mis trop de pression en début d'année, et j'ai de plus en plus de mal à la supporter. Donc je ne me fixe pas d'objectifs précis, je fais comme si je repartais de zéro et je me donne le temps de trouver la forme et le coup de pédale. Je ne pense pas trop aux courses et aux résultats, mais plutôt à retrouver l'envie. On reparlera des objectifs quand la forme sera revenue.
As-tu un rêve cette saison ?
C.K. : Gagner des courses ! C'est déjà très dur de gagner des petites courses chez les pros. Il ne faut pas trop être rêveur. Les belles courses comme Paris-Roubaix ou les grands Tours sont des courses où on veut briller, mais il faut en avoir les moyens. Il faut d'abord que je retrouve la forme nécessaire pour jouer les premiers rôles.